Date: 20 avril 2017

Source: Le Calame

Chassez le naturel, il revient au galop ! Une vieille histoire d’accaparement de terres avortée, il y a deux ans, revient, ces jours-ci, au-devant de la scène. Grand fut en effet l’étonnement des populations d’Ould Yengé de voir le dénommé Bouguely, commerçant de son état, originaire de Guérou, manœuvrer à nouveau, dans le but de faire main basse sur de vastes étendues de terres, mise en valeur par les agriculteurs, réservant, à leur bétail, des lieux et des temps de pacage. « Des personnes non ressortissantes d’Ould Yengé et du Guidimakha sont venues, dans notre département, pour s’accaparer de vastes terres appartenant à différentes communautés, au su et au vu des autorités locales ; quelques fois, avec leur complicité », se plaignent deux ressortissants de la localité, dans une déclaration au Calame.

Cas le plus récent : l’occupation illégale de terres, dans le département d’Ould Yengé, qui a fait l’unanimité, contre elle, des habitants de la ville et des villages environnants, premiers habitants de la localité depuis 80 ans, renseignent nos informateurs. Mais, en dépit de ces vives protestations, « ces intrus  venus d’ailleurs refusent, non seulement, d’obtempérer mais s’arrogent, de surcroît, le droit, en poussant le toupet à porter plainte contre les protestataires. Vingt-et-une personnes, en grande majorité de jeunes enfants, ont  été contraintes de répondre à  la convocation du procureur de la République de Sélibaby, suite à la plainte de l’occupant illégal. Affichant son notoire mépris, Bouguely  ne se présente même pas au tribunal.

Parent proche du procureur de Sélibaby, « l’usurpateur plaignant », selon les qualificatifs des populations d’Ould Yengé, se fait représenter par son avocat. Après une longue attente, les personnes incriminées par la plainte du commerçant sont sommées de quitter les lieux, après le report, inexpliqué, à une date ultérieure de l’audience. Soudés, corps et âmes, pour défendre leurs terres à tout prix, les habitants d’Ould Yengé  dénoncent  ce qu’ils qualifient « d’affaire louche » qui profiterait à des personnes tapies dans l’ombre, bénéficiant de la complicité de certaines personnalités influentes et tirant les ficelles.

Les populations de la vallée du fleuve en Mauritanie dénoncent, régulièrement, des mesures d’expropriation de leurs terres, sur la base d’une ordonnance adoptée en 1983, alors que la Mauritanie était gouvernée par une junte militaire. De nombreux spécialistes du droit foncier ont déploré et déplorent le caractère scélérat de cette mesure, relevant que même le minimum de garanties accordées, par celle-ci, sont violées par les autorités chargées de sa mise en œuvre, dans la procédure d’attribution des terres.

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