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Le monde agricole s'inquiète du grignotage des terres - France

La protection des terres agricoles face à l’urbanisation croissante est au menu de l’Assemblée nationale. Mais pour le monde agricole, ce sujet est un combat quotidien. - Stéphanie Para

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Loïc Leroux, juriste à la chambre d’agriculture et chargé des questions urbanisme, n’y va pas par quatre chemins. « La consommation de terres a toujours posé problème dans notre région. »

Pour être plus précis, les agglomérations consomment beaucoup. Dans le Cher, plus pauvre en sites industriels, ce sont les constructions de logements qui participent à la disparition des terres agricoles. La seule autre inquiétude réside dans le projet d’une future ligne TGV, la Pocl (Paris-Orléans-Clermont-Ferrand-Lyon), surtout si c’est le scénario médian qui est retenu.

« À la chambre d’agriculture, nous soutenons le tracé ouest car il est moins consommateur en espaces agricoles », même si l’idéal selon lui aurait été de passer par la Sologne car les terres sont moins intéressantes agronomiquement parlant. Pour Étienne Gangneron, président de la chambre d’agriculture, il est plus logique d’associer tout nouveau projet à un équipement déjà existant, en l’occurence l’A71.

Dans le département, souligne le juriste, « nous consommons de l’espace sans gagner d’habitants ». Le juriste prend l’exemple de Bourges. « La chambre d’agriculture n’avait pas validé le PLU et la préfecture l’a accepté avec des réserves car la ville souhaitait s’étendre énormément alors que le centre-ville héberge de très nombreux logements vacants. »

Malheureusement, Bourges n’a pas renvoyé la nouvelle mouture à la chambre mais Loïc Leroux table sur 80 hectares. Autant de terres réservées qui sont actuellement utilisées par les agriculteurs et situées au sud de Bourges, dans la zone des Breuzes.

Le problème, selon lui, est l’absence d’une politique globale. « Chaque maire résonne commune par commune. » Heureusement, d’après Loïc Leroux, après trente ans de grignotages abusifs de terres, les mentalités évoluent, peu à peu.

En effet, les deux lois Grenelle ont mis en place des outils, comme la commission départementale de consommation de l’espace (CDCEA). Elle se réunit tous les mois et donne son avis sur tous les documents d’urbanisme. « On a tenté de durcir les règles pour faire face à cette disparition des terres agricoles. L’agriculture est la seule activité qui a besoin de surfaces, de foncier. Sinon, on ne peut pas travailler. » Et d’après Étienne Gangneron, cette commission « est un progrès. Elle fonctionne bien. »

Loïc Leroux attend donc avec impatience le transfert de la compétence urbanisme aux communautés de communes. « On ne résonnera plus à la même échelle. » Dans les années 1980, 1990, l’espace manque. Il faut réfléchir à un autre urbanisme. Partout, on a consommé sur du linéaire, le long des routes.

Hormis la CDCEA, la chambre d’agriculture accompagne les différentes étapes de réalisation d’un projet d’urbanisme. Souvent, Loïc Leroux doit se heurter à la réticence des élus. « Ils doivent comprendre qu’ils ne peuvent plus consommer des terres agricoles comme on l’a fait pendant trente ans. » Ils doivent justifier leur besoin et être cohérents avec les prévisions. « Le but n’est pas de bloquer les maires mais si les terres sont artificialisées, il est impossible de revenir en arrière. En effet, qui dit artificialisation, dit installation des réseaux et des voies. » Quand on perd un hectare, on perd 7 tonnes de blé. Avec une artificialisation en hausse de 40 % entre 1995 et 2003 puis 2006 et 2010 en Région Centre, si l’on continue, il est impossible de continuer sur ce rythme ! 

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